Iboga

de Christian Blanchard

Mon avis:

J'ai été attirée par la première de couverture avec une accroche de Giébel si prometteuse que je n'ai pu y résister!
J'ai été vraiment séduite moi aussi par ce roman qui nous fait vivre au côté de ce dernier condamné à mort. Il échappe de peu à la guillotine et voit sa condamnation à mort commuée en condamnation à perpétuité. Il échappe avec soulagement à la Louisette. Mais peut-on réellement lui échapper?
J'ai beaucoup aimé cette ombre qui plane, cette personnification de la mort qui le suit et ne veut pas le lâcher. Dès le début du roman alors qu'elle le nargue, j'ai été happée par l'écriture de l'auteur.
Il arrive à donner une dimension très réelle à son texte et on s'attache à ce tout jeune homme malgré les crimes horribles dont il est accusé. On le voit grandir, murir, vieillir en prison. On perçoit le mal commis tout en ayant conscience de la présence d'un Autre. On ne peut ignorer la folie mais on veut également croire en la réalité de ce Max, ce maître, malgré toutes les évidences.

Le système carcéral n'est pas réellement mis à mal par l'auteur car en tant que condamné à perpétuité particulier, notre héros est dans des quartiers à part et isolé la quasi totalité de sa peine. C'est donc de ses gardiens que lui viendront les seuls contacts humains. Il y côtoiera le pire comme le meilleur. Ce duo de matons est vraiment bien dosé. A côté de la violence, du racisme, de la volonté de domination il y a cette main tendue par un homme qui ne fait pourtant que son métier. Cela va changer la vie de notre prisonnier. Peu à peu, enfin il se raconte.
Cette psy qui vient le voir nous laisse espérer que la vérité soit faite. Mais quelle vérité? Je n'ai pu m'empêcher de penser au héros de la ligne verte (à cause de la souris? des gardiens? du contexte?) et cela m'a bien sûr fait pencher dans le sens de la vérité selon Jefferson Petitbois!
L'auteur joue incroyablement bien avec notre compassion et après un excellent roman, il nous offre une très belle fin !


Je remercie les éditions Belfond pour ce partenariat.

Présentation de l'éditeur:

Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité... 
28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d'arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la « Louisette ».
Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d'honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour.
Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.
Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir...

Deux ans auparavant, Jefferson avait rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga était alors entré en lui. Iboga l'avait rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.

Une fois, Max m'a dit quelque chose que j'ai compris plus tard : Si tu commences à mentir, mec, tu seras obligé de le faire tout le temps et tu seras piégé un jour parce qu'il y aura des incohérences, des trucs qui n'iront pas ensemble. En revanche, si tu dis la vérité, tu ne seras jamais mis en défaut.
J'ai dit la vérité aux flics, avocats, juges et jurés. J'ai pris perpète et failli avoir la tête tranchée. 


Ce livre raconte la vérité... La vérité selon Jefferson Petitbois... Un homme trop jeune pour mourir.

Commentaires

  1. J'aime beaucoup ta chronique, elle donne envie de lire l'ouvrage!

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  2. Par rapport à la ligne verte ou dernier jour d'un condamné à mort ça manque de profondeur non ? Pas vraiment convaincue malgré ton enthousiasme

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    1. Je n'ai pas lu le dernier jour d'un condamné. J'ai pensé à King pour plusieurs raisons comme la souris notamment mais on n'est pas du tout dans le même type d'ouvrage. Celui ci est beaucoup plus intimiste. On n'a pas de vision d'ensemble, on reste un peu prisonnier nous aussi de son regard. On ne le découvre que quand il se découvre. Mais j'ai apprécié la promiscuité avec la mort en quelque sorte...

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  3. Je l'ai vu sur NetGalley mais ayant pas mal de lectures sur le feu, je ne me suis pas laissée tenter... ton avis le fait un peu regretter, là 😢

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