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jeudi 1 décembre 2016

Terminus Elicius

de Karine Giebel



Quatrième de couverture:


Lettres d'amour d'un assassin...
« Ma chère Jeanne,
J'aimerais que vous m'aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m'aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis... Certains diront un monstre.
D'autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l'espère.
Hier soir, j'étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.

Juste le temps de la tuer... »



Mon avis:

J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l'écriture de Karine Giebel. Elle crée ici avec brio un triangle amoureux un peu particulier qui nous fait vivre le roman d'une manière inédite. En effet à la tension habituelle d'un bon thriller avec l'affrontement entre un serial killer et un enquêteur s'ajoute ici un mélange d'attachement et de culpabilité avec le personnage de Jeanne à la fois complice et victime.

Notre héroïne se voit comme invisible, transparente. Mais un homme l'a vue, remarquée. Un homme qui lui écrit. Dans son quotidien réglé par ses trajets, elle se sent enfin aimée à la lecture de ces lettres qui l'attendent dans le train. Parce qu'elle ne peut se résoudre à en parler au commissariat où elle travaille, elle devient complice d'un meurtrier. Pourtant tout n'est pas si simple pour Jeanne qui ne peut réagir sans risquer de mourir. Des bribes de son passé remontent au fil des pages et on sent le poids d'une perte importante qui joue dans son manque de confiance en elle. Une blessure connue du meurtrier et qui les lie manifestement...

De son côté Esposito est sur les nerfs devant son enquête qui piétine. Malgré cela et sans trop savoir pourquoi il remarque lui aussi Jeanne. Même en colère devant les conséquences de son silence, même déboussolé par ses crises, il reste touché par cette femme. Ce triangle Esposito-Jeanne-Meurtrier bouge sans cesse au fil des pages, le lecteur frémit des décisions prises, de voir la confiance qui s'étiole ou l'emprise qui se resserre.

Une bonne idée, très bien traitée par l'auteur qui nous offre ici un roman sous tension mais un peu moins noir que certains de ses autres titres. J'ai beaucoup apprécié l'épilogue qui nous permet d'aller un peu plus loin que cette scène finale et offre au lecteur une perspective d'avenir.

En bonus de cette réédition, une nouvelle Aurore en lien avec Terminus Elicius. L'auteur nous plonge dans la détresse d'une jeune fille harcelée et de son frère pour qui elle représente tout. Giebel ici encore n'épargne pas le lecteur et nous offre une fin bien plus sombre que le roman.

Je remercie les éditions Belfond pour ce partenariat.

mercredi 9 novembre 2016

Nos étoiles contraires

de John Green


Quatrième de couverture:


Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.
Mon avis:

J'ai emprunté ce roman pour le lire en même temps que Mélissa (en 4ème) car j'avais envie de l'accompagner (j'avais vu passer de nombreux avis positifs).
Cela a été un bon moment de lecture. Sans grande surprise certes, car on se doute d'emblée du genre de dénouement que nous réserve le livre et qu'on sent vraiment ce qui se profile, mais avec plaisir.

J'ai apprécié les personnages, que ce soit Hazel, notre héroïne qui se remet à vivre son adolescence jusque là entre parenthèses, Augustus, ce beau garçon qui fait irruption dans sa vie ou ses parents dont on perçoit le quotidien, entre angoisse et nécessité de continuer à se battre et vivre. Ils m'ont particulièrement touchés, ainsi que le lien qu'Hazel a avec eux, son indulgence envers eux compte tenu de ce qu'"elle" leur inflige:
"La seule chose qui craint plus que de mourir d'un cancer à seize ans, c'est d'avoir un gosse qui meurt d'un cancer."
J'ai l'habitude de lire de la jeunesse et je suis souvent très touchée par les différents degrés de lecture d'un texte. Ici, je n'ai pas eu cette sensation. Je n'ai pas non plus vraiment accroché à cette idée d'auteur torturé mais j'ai apprécié tout de même l'amour qui nait entre nos deux héros. L'auteur traite en profondeur la maladie, à travers son regard et celui des autres. L'espoir de rémission et la déchéance aussi.

Un joli roman.

samedi 5 novembre 2016

Bingo's run

de James A. Levine

Quatrième de couverture: 

Bingo Mwolo est le coureur à pied le plus rapide de Nairobi… et sans doute du monde. À quinze ans, il en paraît à peine dix et c’est grâce à cela et à sa rapidité qu’il parvient à ne pas se faire remarquer par les policiers corrompus lorsqu’il court livrer leurs doses de drogue aux clients blancs de son boss.

Après avoir été le témoin du meurtre du plus important dealer de Nairobi, la vie pourtant déjà risquée de Bingo devient bien plus dangereuse encore. Pris au beau milieu d’une lutte entre parrains de la pègre, il trouve refuge dans un étrange orphelinat dirigé par un prêtre qui ne fait pas que propager la parole de Dieu mais est également à la tête d’un commerce lucratif et peu honnête. Et puis, il y a aussi Thomas Hunsa, un peintre, client de Bingo, qu’il croit être son meilleur atout pour échapper à la misère si il arrive à persuader le monde qu’il n’est pas seulement le coureur le plus rapide, mais aussi le meilleur marchand d’art de Nairobi…


Mon avis:

Voici un court roman atypique. L'auteur nous plonge dans le quotidien d'un jeune Kényan Bingo. Mais à 15 ans là-bas il est bien sûr déjà un homme, malgré sa toute petite taille qui lui vaut de passer pour un gamin des rues.
La vie est dure, et il l'a appris très jeune, dans son bidonville, dans la rue.
Courir ou mourir. Pas d'autre choix.
Si le style totalement brut avec lequel s'exprime Bingo peut être un peu déstabilisant, il nous aide à nous plonger dans l'atmosphère de son quotidien. La violence, le désœuvrement et la misère, mais aussi quelques leurs de vie et d'espoir.
 J'ai apprécié la façon dont courir est plus qu'une raison de vivre : c'est la seule chose à faire pour vivre. Bingo court pour livrer de la drogue. C'est le meilleur, le plus rapide, le moins suspect. Prendre des risques c'est son quotidien.
Au fil des courses, on découvre un multitude de personnages qui profitent de ce système ou en sont les esclaves et qui donnent encore plus de couleur à ce récit. Au milieu de ce tumulte, on se met même à croire à sa possible adoption...

Un livre intéressant qui nous plonge au coeur de Nairobi.
Merci à Léa pour ce cadeau!

mercredi 2 novembre 2016

Le Turquetto

de Metin Arditi

Quatrième de couverture:

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre - dont la signature présente une anomalie chromatique - soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait "le Turquetto" (le petit Turc) ? Metin Arditi s'est intéressé à ce personnage.
Né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), ce fils d'un employé du marché aux esclaves s'exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Sous une identité d'emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise une oeuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d'art sacré byzantin.
Il est au sommet de sa gloire lorsqu'une liaison le dévoile et l'amène à comparaître devant les tribunaux de Venise... Metin Arditi dépeint à plaisir le foisonnement du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessin et d'images, son soudain départ... Puis le lecteur retrouve le Turquetto à l'âge mûr, marié et reconnu, artiste pris dans les subtilités des rivalités vénitiennes, en cette faste période de la Renaissance où s'accomplissent son ascension puis sa chute.


Mon avis:

J'ai eu un énorme coup de coeur pour ce roman. Je l'ai lu il y a un moment déjà et j'ai eu du mal à en faire un billet tant je l'ai trouvé incroyable (pourtant je l'ai intégralement raconté à mon mari en rentrant, puis à mes parents quand ils sont venus...) 

Le roman s'appuie sur l'histoire mystérieuse d'un tableau  l"Homme au gant" de Titien. En effet, le roman s'ouvre sur une analyse de ce tableau mettant en doute son origine. On suit ensuite le parcours d'un gamin, artiste né, quittant Constantinople pour Venise afin de vivre sa passion. Il va être l'élève de Titien et devenir un peintre prodige de la Renaissance. 

Metin Arditi nous plonge avec beaucoup de talent dans un univers où l'origine, la naissance, la religion ouvrent ou ferment les portes de notre Turquetto. Mais notre héros, profondément passionné, sera capable de tous les sacrifices, brisant tous les tabous pour peindre, et donc vivre. 

C'est un livre incroyable sur l'art et sa portée dans un contexte religieux. J'ai adoré notamment le passage où il se lâche en secret sur cette toile grandiose, commande d'une des loges de la haute société vénitienne et la réaction qu'elle suscite. Et puis sa chute bien sûr car le voile se lève sur ses origines. 
L'auteur nous prend au tripes avec son procès et puis la sentence bien sûr.

Je ne crois pas pouvoir dire que ce Turquetto m'a paru particulièrement sympathique mais il était vraiment passionnant de suivre les chemins qu'il a pris pour pouvoir pratiquer son art. Dans la misère ou l'opulence. Ici ou ailleurs.

C'est un superbe roman à lire, offrir et partager!


mardi 1 novembre 2016

Et soudain, tout change

de Gilles Legardinier

Quatrième de couverture:

Camille et ses amis se connaissent depuis la maternelle. Leur dernière année de lycée les a enfin tous réunis dans la même classe. A quelques mois du bac, en compagnie de sa meilleure amie, Léa, d'Axel, Léo, et toute sa petite bande, la jeune fille découvre joyeusement la vie. Tous se demandent encore quels chemins ils vont prendre. Ils ignorent encore que d'ici l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie. Du meilleur au pire, avec l'énergie de leur âge et leurs espoirs, entre convictions et doutes, entre illusions et réalité, ils vont expérimenter, échanger et affronter. Leur histoire est la notre.

Mon avis:

Si les couvertures de ses romans ne m'attirent pas du tout, je dois dire que j'accroche décidément bien au style de cet auteur. J'avais apprécié Demain j'arrête et Complètement cramé pour des raisons différentes mais on retrouve ici encore le soin particulier qu'il apporte à tous les personnages.
Alors qu'il nous fait partager le quotidien de Camille, lycéenne et de ses amis, j'ai été surprise de voir avec quelle justesse il nous fait vivre leurs aventures, leurs espoirs, et puis leur passage à la vie d'adulte.
Beaucoup de liens forts dans ce texte sur l'amitié, l'amour, la vie. Mais la vie comporte évidemment son lot de drames et là encore j'ai trouvé que le texte sonne juste. Un beau roman.

lundi 31 octobre 2016

Irezumi

de Akimitsu Takagi


Quatrième de couverture:

Tokyo, été 1947. Dans une salle de bains fermée à clef, on retrouve les membres d’une femme assassinée. Son buste – lequel était recouvert d’un magnifique irezumi, ce célèbre tatouage intégral pratiqué par les yakuzas qui transforme tout corps en œuvre d’art vivante – a disparu. Le cadavre est découvert par deux admirateurs de la victime : un professeur collectionneur de peaux tatouées et le naïf et amoureux Kenzô Matsushita. La police a deux autres meurtres sur les bras : le frère de la première victime, dont le corps était lui aussi recouvert d’un irezumi, retrouvé mort et écorché, et l’amant jaloux de la jeune femme, tué d’une balle dans la tête. Frustré par leur incapacité à résoudre ces affaires, Matsushita appelle à la rescousse Kyôsuke Kamisu, dit «le Génie». Seul ce surdoué charismatique et élégant peut démasquer le psychopathe arracheur de tatouages. 


Mon avis:

J'ai choisi de lire ce titre sur un conseil de Chloé que je remercie car c'est en effet un excellent polar! Publié au Japon en 1948 ce classique du polar nippon mérite grandement d'être connu en France!

L'action du roman se situe peu après la seconde guerre mondiale, un an environ après Hiroshima dans un japon dévasté par la guerre. On y fait la rencontre de différents personnages qui gravitent autour de l'univers du tatouage. Kinué, porteuse d'un magnifique Orochimaru, fille d'un illustre tatoueur et maudite par le choix de son motif, le Docteur Hayakawa, collectionneur de peaux tatouées et puis Kenzo qui tombe sous le charme ensorceleur de cette femme libre lors d'un concours.

J'ai beaucoup apprécié le début du roman qui prend le temps de nous introduire dans cette culture pour y comprendre l'importance de la représentation du tatouage. Il nécessite du temps, de l'argent et une résistance à la douleur hors norme, et malgré l'importance qu'il revêt dans la société il y est interdit et associé à des moeurs plus que douteuses.

L'auteur place les différents personnages pour que puisse se jouer le drame : "L'épouvantable prophétie du Dr Tatouage se révélerait pourtant juste. Une étrange affaire de meurtres tout droit sortis du monde de la sorcellerie était sur le point de s'ouvrir. Et la clef pour l'élucider, le secret pour venir à bout de cette magie noire se dissimulait dans les trois motifs interdits."
Il donne du piment au texte en théâtralisant ainsi l'action.

Le personnage de Kenzo est attachant. Il est le petit frère de l'inspecteur qui s'occupera de l'affaire des meurtres, et il a succombé au charme de la victime dont le tronc a disparu! Mais il est aussi passionné de romans policiers et il y a de nombreuses références à la littérature du genre. Il veut aider son frère dans la résolution mais l'intrigue ne se dénouera que grâce à l'intervention d'un authentique génie qui saura pointer du doigt les erreurs des enquêteurs et les pièges tendus par l'assassin.

L'assassin (ou l'auteur) se joue de nous en nous soumettant des problèmes insolubles comme celui de la pièce close. L'atmosphère de magie lié aux légendes qui entourent les tatouages joue également en sa faveur car on ne peut qu'entendre raisonner la terrible malédiction des trois sorciers : Jiraiya, Tsunade et Orochimaru.


Un excellent moment de lecture que je recommande à tous les amoureux du polar, tant pour la construction du roman que pour son intrigue et son dénouement!


"- Serpent, grenouille, limace?
- Le serpent engloutit la grenouille, la grenouille gobe la limace, la limace dissout le serpent. "

La Légende du Galant Jiraiya :

Jiraiya était le souverain d’un puissant clan de Kyushu. Après la ruine de son clan, il devient le chef d’une bande de voleurs chevaleresques et s’enfuit vers la province d'Echigo. Sur le mont Myōkō, une montagne au sud du Japon où l’on apprend la magie des crapauds, il rencontre un immortel qui l’initie à la magie, lui donnant le pouvoir de se transformer en crapaud. Il finit par retrouver Sarashina, l’homme responsable de la ruine de son clan, et le tue. Jiraiya rencontre ensuite Tsunade, une belle jeune femme qui maîtrise la magie des escargots, qu’il épouse. Un des serviteurs de Jiraiya, Yashagoro, jaloux et ensorcelé par un serpent, reçoit les pouvoirs de la magie des serpents. Il prend le nom d’Orochimaru et décide d’attaquer son ancien maître. Jiraiya et Tsunade luttent contre Orochimaru, mais ils sont empoisonnés par le venin du serpent et tombent inconscients. 



Je remercie les éditions Denoël pour ce partenariat.
Traduit par  Mathilde Tamae-Bouhon - Sortie: octobre 2016

dimanche 30 octobre 2016

Ne lâche pas ma main

de Michel Bussi

Quatrième de couverture:

En vacances sur l'île de la Réunion, Martial perd sa femme assassinée. Devenu le suspect numéro 1, il fuit avec sa fille de six ans. Poursuivi, traqué, il doit s'en sortir pour prouver son innocence

Mon avis:

Décidément, j'aime beaucoup cet auteur! J'ai lu ce roman il y a deux ans, et j'ai du le relire cet été pour me remettre vraiment en mémoire les subtilités de l'enquête. Le lecteur est tenu en haleine tout le long du livre car on est loin d'être persuadé de l'innocence de Martial. En effet, sa femme est retrouvée assassinée. Si tout l'accuse et que la police est à ses trousses alors qu'il a emmené sa petite fille avec lui en cavale, on pourrait être persuadé qu'il n'y est pour rien et chercher avec lui à comprendre qui cherche à le piéger. Mais c'est sans compter l'auteur qui maintient le doute avec brio!

J'ai aimé découvrir l'ile de la Réunion, les différents quartiers et une certaine réalité sociale aussi. Les personnages secondaires sont attachants et là encore Bussi n'hésite pas à faire souffrir le lecteur! J'ai apprécié également le dénouement même si la tension perdure encore quelques pages!

Un bon polar très bien ficelé!