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dimanche 31 juillet 2016

Rêver

de Frank Thrillez


Quatrième de couverture:

Si ce n'étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres.
Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.
Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.



Mon avis:

Je n'avais pas lu de roman de Thilliez depuis Pandemia l'été dernier (mis à part une nouvelle: le clandestin). Comme à chaque fois, je me suis laissée prendre et n'ai plus pu lâcher le roman!

J'ai apprécié la forme particulière donnée au roman. On part d'un évènement daté en juin 2015 et qui ouvre le récit (l'incendie au lavoir) et d'un autre qui a manifestement tout déclenché en décembre 2014 : l'accident. Régulièrement le lecteur est projeté en avant ou en arrière dans le fil de l'histoire. On suit la goutte noire comme nous suggère l'auteur avant de nous embarquer. Elle nous indique quand se déroule l'action du ou des chapitres qui vont suivre et nous permet de la situer par rapport aux deux évènements cités.

Je n'ai pas du tout eu du mal à suivre et j'ai beaucoup aimé ces va-et-vient car ils permettent de voir l'évolution psychologique de notre héroïne. Pour une fois, il y a un décalage entre la tension du lecteur qui monte tout au long du roman et celle d'Abigaël que l'on trouve tour à tour à bout de nerf ou encore en possession de ses capacités de réflexion. J'ai trouvé très intéressant de nous mettre ainsi à distance de ce qu'elle vit. Malgré ça, je n'ai pas vu plus clair dans ses rêves ou ses passages éveillés, et j'ai apprécié le dénouement!

Un excellent moment de lecture, malgré la tension constante!
L'auteur nous offre également un petit bonus avec ce chapitre que l'on découvre après. Il a d'ailleurs un tout autre sens lu à la fin!


samedi 30 juillet 2016

La carrière du mal

de Robert Galbraith


Quatrième de couverture:

Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.
Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.
Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants


Mon avis:

Après l'appel du coucou et le ver à soie, voici le troisième volet des aventures de notre cher détective Cormoran Strike et de sa perspicace et jolie associée Robin!

Quel plaisir de retrouver cette équipe même si pour le coup cette enquête là n'est pas comme les autres. En effet alors que Robin est bel et bien fiancée, elle reçoit la jambe d'une femme à leur bureau dans un colis qui lui est adressé... C'est manifestement Cormoran que l'on cherche à atteindre en s'en prenant à sa secrétaire. Mais des ennemis mortels, Strike n'en a pas qu'un!!!

Alors qu'on suit d'un côté l'auteur de ces crimes, qu'on connait la haine sans bornes qu'il voue à notre héros et les mauvaises intentions qu'il a envers Robin, notre duo peine à garder leur entreprise à flots après la mauvaise publicité de la jambe coupée!
On retrouve Cormoran, inquiet pour sa secrétaire qui ne sait pas trop où elle en est avec Mattew et qu'il sait en danger, Robin qui a besoin d'être reconnue et veut faire ses preuves sans prendre en compte les risques.
J'adore toujours l'atmosphère, la tension, les liens qui se créent et évoluent au fil des tomes. L'intrigue est encore extrêmement bien ficelée, JK Rowling, excelle décidément dans ce style également! De multiples pistes, des liens, des tensions, des personnages qui évoluent sans cesse, toujours plus attachants.

Un excellent moment de lecture. L'auteur, en plus de clôturer l'enquête en beauté, nous offre une fin de tome à couper le souffle! Mais pourquoi n'a-t-elle donc pas écrit simplement trois lignes de plus!!!!

vendredi 29 juillet 2016

Le lagon noir

de Arnaldur Indridason


Quatrième de couverture:

Reykjavik, 1979. Le corps d'un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s'agit d'un ingénieur employé à la base américaine de l'aéroport de Keflavik. Dans l'atmosphère de la guerre froide, l'attention de la police s'oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l'Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu'ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l'aide d'une jeune femme noire, officier de la base.


Mon avis:

Je n'avais pas lu d'Indridason depuis un moment et j'ai retrouvé avec plaisir l'atmosphère calme et particulière des enquêtes d'Erlendur. Cette lenteur, l'importance donnée aux disparus, aux affaires classées, oubliées...

Cette quatorzième enquête d'Erlendur nous fait faire un saut dans son passé, alors qu'il est fraichement arrivé à la brigade d'enquête criminelle. Le corps a été retrouvé dans un lagon, il s'agit manifestement d'un meurtre, la victime ayant fait une chute vertigineuse. Mais dans l'ambiance de guerre froide de l'époque, l'Islande étant divisée par la présence de bases militaires américaines, il n'est pas évident pour nos deux policiers islandais de chercher des éléments sans entrer sur la base ou interroger les citoyens américains. Une jeune militaire américaine, Caroline, va se laisser convaincre de les aider. Affaire d'espionnage, de dette, de dealer, ou de jalousie....
En parallèle, Marion pousse Erlendur à agir, à faire quelque chose devant son obsession des disparitions. A force d'opiniâtreté il va enfin découvrir ce qu'il est advenu de cette jeune fille disparue sur le chemin de l'école il y'a 25 ans. C'est ce versant de l'histoire, coldcase dans le froid islandais, qui m'a le plus plu. J'aime ce que notre héros nous révèle sur lui dans sa manière de chercher la moindre piste et de ne rien lâcher.

jeudi 28 juillet 2016

Et le châtiment sera de vivre

de Morgan Caine


Mon avis:

J'avais apprécié la complainte des filles de Loth, premier volet de ce "dyptique" et j'ai été ravie de retrouver ici l'écriture de cet auteur, sa façon de ciseler son histoire afin de faire évoluer tous ces personnages avant que tout ne se recoupe.

Le sujet est pourtant extrêmement lourd, et je n'ai pas toujours facilement supporté la lecture. Si dans le premier volet, on avait bien également une atmosphère pesante du fait de la pédophilie et des réseaux mis à jour, il y avait en contre partie un vengeur qui émasculait des pédophiles, et même si l'enquête visait à le coincer, cela rééquilibrait un peu le récit. Ici, alors que le fond est le même, et que malgré l'arrestation d'Erin Sand de la clinique, aucun membre du réseau ne semble réellement menacé, il y a en plus un "grand méchant" qui profite en homme d'affaire de tous les commerces imaginables et... s'en prend à nos héroïnes.
J'ai apprécié la postface de l'auteur, qui s'en veut de maltraiter ainsi son héroïne (ouf, on lui en voulait aussi!) et qui revient de manière très pertinente sur les affaires de pédophilie et nous fait réfléchir encore davantage.

mardi 5 juillet 2016

Americanah

de Chimamanda Ngozi Adichie


Quatrième de couverture:

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés? 


Mon avis:

J'avais déjà offert ce livre (conseillé par ma libraire) à une amie qui l'avait d'ailleurs déjà lu en anglais et m'avait dit combien il était exceptionnel mais je n'avais pas encore eu l'occasion de le lire. C'est chose faite maintenant et je dois dire que je comprends son coup de coeur. Ce roman est intelligent, fin, incroyablement bien écrit, riche et en plus de tout l'éclairage qu'il apporte sur la notion de point de vue et de race, c'est un très beau roman d'amour.

Et il faut dire que ça, je ne m'y attendais pas. Quand le roman s'ouvre, notre héroïne est depuis longtemps en Amérique, elle saisit que l'heure est venue pour elle de rentrer au Nigeria, et reprend contact avec son amour de jeunesse. On découvre alors au fil des pages Ifemelu et Obinze, deux personnages auxquels je me suis très vite attachée. Leur rencontre, leur passion, leurs rêves d'ailleurs.

C'est Obinze qui est fou d'Amérique mais c'est Ifemelu qui aura l'opportunité de s'y rendre. Persuadée qu'il la rejoindra bientôt elle s'envole vers un autre monde aux codes si différents. Si elle retrouve là-bas sa tante Uju et son très cher cousin Dike auxquels elle tient beaucoup, de nombreuses désillusions l'attendent. Mais c'est aussi une autre réalité qu'elle prend de plein fouet là-bas, une notion imperceptible en Afrique, celle de la race. Ainsi en cours, on lui demande de s'exprimer sur un sujet en donnant l'avis d'une noire... Le texte est ponctué d'articles du blog qu'elle a tenu pendant des années : Comprendre l'Amérique pour les noirs non américains. Le ton de ses billets est acéré, mais pas dénué d'humour. On y découvre le décalage qui existe entre les Africains qui arrivent sur le sol et les afro-américains, la façon dont les années d'oppression et de ségrégation ont modifié la donne, forgé les mentalités et installé un racisme ambiant accepté de tous.

Obinze aura quant à lui l'opportunité de se rendre en Angleterre, comme Ifemelu il est doté d'un visa d'étudiant et n'a pas le droit de travailler, mais ne pouvant payer ses études, l'un comme l'autre doivent travailler illégalement pour survivre. Derrière le rêve d'une réussite à l'étranger, l'auteur nous dévoile aussi la réalité de l'exploitation et de la misère de ces travailleurs clandestins. C'est dans cette détresse qu'Ifemelu perd une partie d'elle-même et se sentant salie, coupe tout contact avec l'amour de sa vie.

Le temps passe, on suit leur parcours, leurs drames, leurs choix de vie en espérant les voir se retrouver enfin...

Un livre fort, qui nous ouvre les yeux tout en nous faisant vibrer. A découvrir absolument !

Je remercie les éditions Folio pour ce partenariat!

dimanche 3 juillet 2016

Les fiancés de l'hiver

de Christelle Dabos



Quatrième de couverture:

Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Fiancée de force à l'un des héritiers d'un clan du Pôle, elle quitte à regret le confort de sa famille. La jeune femme découvre ainsi la cour du Seigneur Farouk, où intrigues politiques et familiales vont bon train. Loin de susciter l'unanimité, son entrée dans le monde devient alors l'enjeu d'un complot mortel.


Mon avis:

J'ai tendance à ne pas me laisser embarquer par des sagas et ici, même si cela ne se voit pas sur la première de couverture, c'est pourtant clair sur la quatrième, il s'agit en effet du premier volet d'une saga: La passe-miroir. Pourtant la couverture, la présentation de l'éditeur et des avis très positifs m'ont donné envie de découvrir à mon tour cet univers particulier que nous offre Christelle Dabos.

J'ai été conquise par l'atmosphère et les décors qu'elle met en place. Différentes arches dont les habitants sont des descendants  d'un des esprits fondateurs et dont les organisations sont très différentes. Nous n'en apercevons que deux dans ce premier volet: celle de l'héroïne Ophélie dans laquelle tout semble harmonieux et où chacun semble pouvoir trouver sa place et celle de Thorn, son fiancé, le Pôle, dans laquelle la violence, les complots et la peur sont omniprésents. La différence entre les deux esprits est flagrante par le respect ou la peur qu'ils inspirent et on imagine sans peine comment les deux arches peuvent être aux antipodes. Ils sont pourtant frère et soeur, et l'auteur arrive à aiguiser notre curiosité sur l'histoire de ce monde par le biais de ces livres mystérieux qui renferment l'histoire et les secrets de la création. Un des enjeux de la présence d'Ophélie dans cette contrée lointaine est d'ailleurs directement lié à ses pouvoirs. C'est une liseuse : en touchant les objets, elle prend conscience de leur histoire...
Au delà de cette atmosphère particulière, l'auteur joue beaucoup sur les décors. Ainsi elle nous fait voyager et nous découvrons en même temps qu'Ophélie une contrée sauvage aux multiples facettes. Chaque clan du Pôle a ses particularités et elle va devoir apprendre à déceler les apparences dans ce monde où tout n'est que tromperie. On est ainsi, vers la fin du roman, souvent face à plusieurs degrés de paysages simultanés: celui qui existe, et celui qui est créé. Le lecteur, comme l'héroïne aiguise ses sens pour percevoir le monde réel... C'est vraiment un point fort de ce roman.

Ce que j'ai aussi vraiment apprécié c'est la justesse et la précision avec laquelle sont traités les personnages. Ophélie et Thorn ne sont ni beaux, ni reconnus réellement pour ce qu'ils sont. Ils ont chacun réussi à trouver le moyen d'avancer dans leur arche, ils ont trouvé leur place et la force qui émane de chacun d'eux vient de leur façon d'assumer chacune de leur faille. J'ai beaucoup aimé cela. On voit bien que malgré ce mariage forcé, nos deux fiancés de l'hiver ont beaucoup en commun, pourtant il n'est pas évident pour eux de s'apprivoiser, chacun ayant forgé une protection pour survivre dans son environnement. Une carapace pour Thorn qui évolue dans un univers impitoyable entouré d'ennemis, une bulle pour Ophélie, différente et incomprise. L'attirance, la complicité, l'amour semblent exclus de leur union imposée, mais la sensibilité de chacun ouvrira peut être quelques portes...

Et puis bien sûr, il se passe beaucoup de choses au fil des pages, des aventures, des dangers et de belles rencontres.
Un très bon premier opus, je ne tarderai pas à en découvrir le second!

Je remercie les éditions Folio pour ce partenariat!

samedi 2 juillet 2016

L'orangeraie

de Larry Tremblay


Quatrième de couverture:

Les jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance. Un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté. Comment faire ce choix impossible? 
Conte moral, fable politique, L’orangeraie maintient la tension jusqu’au bout. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies.



Mon avis:

Ce court roman est un petit bijou. L'auteur arrive à nous faire vibrer par l'amour et la douceur tout en nous donnant un coup de poing.

Cette histoire puise sa force dans la barbarie et est hors du temps en ce sens en effet, il est tant de lieux et d'époques lors desquelles des enfants sont sacrifiés pour une cause ou un combat.
Si on ne peut occulter l'aspect politique car les rouages de la manipulation sont ici mis à nus, c'est bel et bien le lien de ces deux petits garçons qui m'a prise aux tripes pour ne plus me lâcher. Le choix impossible d'un père, mais surtout celui que fait chacun des deux garçons ainsi que leur mère. Chacun a pourtant des raisons plus profondes qui leur paraissent inavouables mais qui sont pourtant tellement humaines. Ne pas vouloir souffrir, ne pas vouloir mourir, vouloir garder un fils vivant.
Amen et Aziz scellent leur complicité, leur amour, leur sort...

Par le biais d'une mise en scène, nous retrouvons celui qui n'a pas été sacrifié des années plus tard. Si j'imaginais bien que le poids serait pour lui très lourd à porter, je ne pensais pas que cette dernière partie du roman serait si forte car après avoir mis à plat ce qui s'est réellement passé, l'aveu de cet enfant, les conséquences de leurs actes, la réalité du sacrifice de son frère, l'auteur nous emmène plus loin encore. Dans "Sony", Aziz-Amed prend la parole sur scène, il s'adresse à ce soldat qui va l'exécuter, il s'adresse aux spectateurs, à nous lecteurs. Superbe.

Je remercie les éditions Folio pour ce partenariat!